Le vieux levain

Chapitre 64 de Vigne de Lumière, de l’Esprit Emmanuel, psychographié par Francisco Cândido Xavier.


« Purifiez-vous du vieux levain, afin que vous soyez une pâte nouvelle. » – Paul. (I Corinthiens 5 : 7)

Il existe de vieilles fermentations de nature mentale qui sont des poisons dangereux pour l’équilibre de l’âme.

Très souvent, nous observons des compagnons tourmentés par une identification intime avec le passé, toujours prisonniers des ombres de leurs nombreuses réincarnations.

Cependant, il se trouve que, sur terre, les incarnés pour la plupart n’ont pas eu une vie antérieure respectable et digne d’où ils puissent tirer les fruits d’une quelconque exemplarité chrétienne.

            Presque tous, nous nous sommes enivrés de la sève mensongère de la vanité à gérer des biens en ce monde, quand nous ne nous grisions pas du vin destructeur du crime, alors que nous étions invités à obéir aux œuvres du Seigneur.

Celui qui dispose de suffisamment de forces et de lumière pour connaître des expériences fracassantes et comprendre sa propre infériorité en relisant les pages vivantes de son passé peut en tirer quelque utilité. Cependant, les apprentis de cet ordre sont encore rares à pouvoir réaliser un travail de récapitulation dans la chair, où la compassion divine accorde au travailleur réprouvé la bénédiction de l’oubli pour valoriser de nouvelles initiatives.

Par conséquent, ne garde pas le vieux levain dans ton cœur.

Chaque jour nous convie à une vie plus noble et plus élevée.

Transformons nous à la clarté du bien infini pour que nous soyons une nouvelle masse spirituelle entre les mains de Notre Seigneur Jésus.

Portrait maternel

De l’Esprit Maria Dolores, psychographié par Francisco Cândido Xavier (chapitre 3 du livre Instants dorés, pas encore traduit en français)


Longtemps après,

Dans le sombre tableau du Calvaire,

Judas, aveugle dans l’au-delà, errait solitaire…

Le paysage était triste,

Le ciel était brumeux…

Lassé du remords et de la souffrance,

Il s’était assis pour pleurer…

C’est alors qu’une noble femme des Plans Supérieurs,

Auréolée de célestes splendeurs

Qu’il ne parvenait pas à distinguer,

Arriva et caressa la tête du malheureux.

Puis sur un ton de profonde tendresse,

Presqu’en prière, elle lui dit :

– Mon fils, pourquoi pleures-tu ?

Ne me dites pas que vous ne savez pas – répondit celui-ci

Avec force colère,

Je suis mort et je suis vivant.

Je me suis tué et je suis à nouveau debout,

Sans consolation, sans foyer, sans amour et sans foi…

N’avez-vous pas entendu parler de Judas, le traître ?

C’est moi qui ai anéanti la vie du Maître…

Au début j’ai cru, moi,

Pouvoir faire de lui un roi,

Mais je n’ai fait que lui imposer

 Sacrifice, martyre et le sang de la croix.

Et ma vie se réduit à présent,

À l’affliction, au châtiment…

Eloignez-vous de moi enfin,

Laissez-moi endurer cet enfer sans fin…

Ne me posez pas de question, retirez-vous Madame,

Vous ne savez rien du chagrin qui m’habite,

Et jamais ne pénétrerez cette douleur sans limite…

Ce drame que je déplore n’appartient qu’à moi…

La dame, calme, toutefois répondit :

– Mon fils, je sais que tu souffres, je sais que tu luttes,

Je sais la douleur du remords qui t’assaille,

Je suis venue te dire qu’en tous lieux

Tu trouveras toujours l’amour en Dieu…

Et sereine elle ajouta :

– La bonté du Ciel ne condamne pas ;

Je viens en mère qui cherche en toi un fils aimé.

Souffre avec patience la douleur et l’épreuve ;

Tu auras bientôt une existence neuve…

Ne te sens jamais seul ou méprisé.

Judas l’interrompit et s’écria, surpris et grossier :

– Mère ? Ne venez pas ici avec vos sarcasmes mensongers.

Après m’être pendu à la branche d’un figuier,

Et m’être réveillé dans la douleur,

Ne pouvant plus m’échapper de la vraie vie,

Je suis allé chercher la force de vivre et de me consoler

Aux pieds de la pauvre mère qui m’a engendré !…

Elle m’a vu en pleurs et a écouté mes lamentations,

Mais elle a eu peur de ma dévastation.

Elle m’a expulsé criant vade retro,

M’a traité de monstre et, au final,

A dit que je n’étais

Qu’un Esprit du mal ;

Elle m’a condamné à un terrible déclassement,

En m’ordonnant de retourner sur le champ

Dans la région infernale d’où sans doute je venais…

Ah ! Je déteste le souvenir de l’horrible mère que j’avais…

Ne me parlez pas d’amour, ne me parlez pas de mères,

Je ne suis qu’un monstre dans la misère…

– Malgré tout – dit la dame doucement –

Tu as beau me récuser, pour moi cela ne change rien ;

Je t’aime mon fils, je t’aime et je veux bien

Voir ta vie à nouveau revêtue

De paix et de lumière, de foi et d’aspirations élevées…

Tu viendras avec moi sur la Terre,

Tu perdras peu à peu ton courroux fougueux,

Ton cœur baignera

Dans les eaux de l’oubli bienheureux.

Dans une nouvelle existence d’espérance,

Avec moi je t’amènerai

A un abri de paix,

Je te donnerai une nouvelle mère ! Pense et repose-toi !…

Et Judas, à ce moment précis,

Comme s’il avait oublié sa douleur infinie

Ou comme quelqu’un qui sort

D’un cauchemar atroce,

Demanda : – Qui êtes-vous ?

Pourquoi me parlez-vous ainsi, sachant que j’ai trahi ?

Vous êtes une femme divine, que l’amour irradie

Ou un ange céleste dont je pressens la lumière ?!…

Et elle, le dévisageant de front,

Répondit sans façon :

– Mon fils, je suis Marie, je suis la mère de Jésus.

Saint Paul précurseur du Spiritisme

Article paru dans la Revue Spirite de décembre 1863.


La communication suivante a été obtenue dans la séance de la Société de Paris du 9 octobre 1863 :

« Que de jours se sont écoulés depuis que je n’ai eu le bonheur de m’entretenir avec vous, mes bien chers enfants ! aussi, est-ce avec une bien douce satisfaction que je me retrouve au milieu de ma chère Société de Paris.

De quoi vous entretiendrai-je aujourd’hui ? La plupart des questions morales ont été traitées par des plumes habiles ; néanmoins, elles sont tellement de mon domaine et leur champ est si vaste, que je trouverai bien encore quelques grains de vérité à glaner. Au surplus, quand bien même je ne ferais que redire ce que d’autres vous ont déjà dit, il en ressortira peut-être quelques nouveaux enseignements, car les bonnes paroles, comme les bonnes semences, portent toujours leurs fruits.

Les livres saints sont pour nous des greniers inépuisables, et le grand apôtre Paul, qui jadis a tant contribué à l’établissement du Christianisme par sa puissante prédication, vous a laissé des monuments écrits qui serviront non moins énergiquement à l’épanouissement du Spiritisme. Je n’ignore pas que vos adversaires religieux invoquent son témoignage contre vous ; mais cela n’empêche pas que l’illustre illuminé de Damas ne soit pour vous et avec vous, soyez-en bien convaincus. Le souffle qui court dans ses épîtres, l’inspiration sainte qui anime ses enseignements, loin d’être hostile à votre doctrine, est au contraire remplie de singulières prévisions en vue de ce qui arrive aujourd’hui. C’est ainsi que, dans sa première aux Corinthiens, il enseigne que, sans la Charité, il n’existe aucun homme, fût-il saint, fût-il prophète, transportât-il des montagnes, qui puisse se flatter d’être un véritable disciple de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Comme les Spirites, et avant les Spirites, ce fut lui qui proclama le premier cette maxime qui fait votre gloire : Hors la charité point de salut ! Mais ce n’est pas par cet unique côté qu’il se rattache à la doctrine que nous vous enseignons et que vous propagez aujourd’hui. Avec cette haute intelligence qui lui était propre, il avait prévu ce que Dieu réservait à l’avenir, et notamment, cette transformation, cette régénération de la foi chrétienne, que vous êtes appelés à asseoir profondément dans l’esprit moderne, puisqu’il décrit dans l’épître déjà citée, et d’une manière indiscutable, les principales facultés médianimiques qu’il appelle les dons bénis du Saint-Esprit.

Ah ! mes enfants, ce saint docteur contemple, avec une amertume qu’il ne peut dissimuler, le degré d’avilissement où sont tombés la plupart de ceux qui parlent en son nom, et qui proclament, urbi et orbi, que Dieu a jadis donné à la terre toute la somme de vérités que celle-ci était capable de recevoir. Et pourtant, l’apôtre s’était écrié qu’en son temps il n’avait qu’une science et que des prophéties imparfaites. Or, celui qui se plaignait de cette situation savait par cela même que cette science et ces prophéties se perfectionneraient un jour. N’est-ce pas là la condamnation absolue de tous ceux qui condamnent le progrès ? N’est-ce pas là le plus rude échec pour ceux qui prétendent que le Christ et les apôtres, les Pères de l’Eglise et surtout les révérends casuistes de la Compagnie de Jésus, ont donné à la terre toute la science religieuse et philosophique à laquelle celle-ci avait droit ? Heureusement l’apôtre lui-même a pris soin de les démentir d’avance.

Mes chers enfants, pour apprécier à leur valeur les hommes qui vous combattent, vous n’avez qu’à étudier les arguments de leur polémique, leurs paroles acerbes et les regrets qu’ils témoignent, comme le R. P. Pailloux, que les bûchers soient éteints, et que la Sainte Inquisition ne fonctionne plus ad majorem Dei gloriam. Mes frères, vous avez la charité, ils ont l’intolérance : ils sont donc bien à plaindre ; c’est pourquoi je vous convie à prier pour ces pauvres égarés, afin que l’Esprit-Saint, qu’ils invoquent si souvent, daigne enfin éclairer leur conscience et leur cœur. »

François-Nicolas Madeleine.

A cette remarquable communication, nous ajouterons les paroles suivantes de saint Paul, tirées de la première épître aux Corinthiens :

Mais quelqu’un me dira : En quelle manière les morts ressusciteront-ils, et quel sera le corps dans lequel ils reviendront ? – Insensés que vous êtes ! ne voyez-vous pas que ce que vous semez ne reprend point de vie, s’il ne meurt auparavant ? Et quand vous semez, vous ne semez pas le corps de la plante qui doit naître, mais la graine seulement, comme du blé ou de quelque autre chose. Après quoi Dieu lui donne un corps tel qu’il lui plaît, et il donne à chaque semence le corps qui est propre à chaque plante. Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est la chair des hommes, autre la chair des bêtes, autre celle des oiseaux, autre celle des poissons.

Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais les corps célestes ont un autre éclat que les corps terrestres. Le soleil a son éclat, qui diffère de l’éclat de la lune, comme l’éclat de la lune diffère de l’éclat des étoiles, et, entre les étoiles, l’une est plus éclatante que l’autre.

Il en arrivera de même dans la résurrection des morts. Le corps, comme une semence, est maintenant mis en terre plein de corruption, et il ressuscitera incorruptible. Il est mis en terre tout difforme, et il ressuscitera tout glorieux. Il est mis en terre privé de mouvement, et il ressuscitera plein de vigueur. Il est mis en terre comme un corps animal et il ressuscitera comme un corps spirituel. Comme il y a un corps animal, il y a un corps spirituel.

Je veux dire, mes frères, que la chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu, et que la corruption ne possédera point cet héritage incorruptible. » (Saint Paul, 1er ép. aux Corinth., ch. xv, v. de 35 à 44 et 50.)

Que peut être ce corps spirituel, qui n’est pas le corps animal, sinon le corps fluidique dont le Spiritisme démontre l’existence, le périsprit dont l’âme est revêtue après la mort ? A la mort du corps, l’Esprit entre dans le trouble ; il perd pour un instant la conscience de lui-même ; puis il recouvre l’usage de ses facultés, il renaît à la vie intelligente, en un mot il ressuscite avec son corps spirituel.

Le dernier paragraphe, relatif au jugement dernier, contredit positivement la doctrine de la résurrection de la chair, puisqu’il dit : « La chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu. » Les morts ne ressusciteront donc pas avec leur chair et leur sang, et n’auront pas besoin de rassembler leurs os dispersés, mais ils auront leur corps céleste, qui n’est pas le corps animal. Si l’auteur du Catéchisme philosophique avait bien médité le sens de ces paroles, il aurait pu se dispenser de faire le savant calcul mathématique auquel il s’est livré, pour prouver que tous les hommes morts depuis Adam, ressuscitant en chair et en os, avec leur propre corps, pourraient parfaitement tenir dans la vallée de Josaphat, sans être trop gênés[1].

Saint Paul a donc posé en principe et en théorie ce qu’enseigne aujourd’hui le Spiritisme sur l’état de l’homme après la mort.

Mais saint Paul n’est pas le seul qui ait pressenti les vérités enseignées par le Spiritisme ; la Bible, les Évangiles, les apôtres et les Pères de l’Église en sont remplis, de sorte que condamner le Spiritisme, c’est désavouer les autorités mêmes sur lesquelles s’appuie la religion. Attribuer tous ses enseignements au démon, c’est lancer le même anathème sur la plupart des auteurs sacrés. Le Spiritisme ne vient donc point détruire, mais au contraire rétablir toutes choses, c’est-à-dire restituer à chaque chose son véritable sens.


[1] Catéchisme philosophique, par l’abbé de Feller, t. III, p. 83.

La foi, l’Espérance et la Charité

Extrait de la Revue Spirite de février 1862.

Bordeaux. Médium, madame Cazemajoux.


La Foi

Je suis la sueur aînée de l’Espérance et de la Charité, je me nomme la Foi.

Je suis grande et forte ; celui qui me possède ne craint ni le fer ni le feu : il est à l’épreuve de toutes les souffrances physiques et morales. Je rayonne sur vous avec un flambeau dont les jets étincelants se reflètent au fond de vos cœurs, et je vous communique la force et la vie. On dit, parmi vous, que je soulève les montagnes, et moi je vous dis : Je viens soulever le monde, car le Spiritisme est le levier qui doit m’aider. Ralliez-vous donc à moi, je viens vous y convier : je suis la Foi.

Je suis la Foi ! j’habite, avec l’Espérance, la Charité et l’Amour, le monde des purs Esprits ; j’ai souvent quitté les régions éthérées, et suis venue sur la terre pour vous régénérer, en vous donnant la vie de l’esprit ; mais, à part les martyrs des premiers temps du christianisme et quelques fervents sacrifices de loin en loin au progrès de la science, des lettres, de l’industrie et de la liberté, je n’ai trouvé parmi les hommes qu’indifférence et froideur, et j’ai repris tristement mon vol vers les cieux ; vous me croyiez au milieu de vous, mais vous vous trompiez, car la Foi sans les œuvres est un semblant de Foi ; la véritable Foi, c’est la vie et l’action.

Avant la révélation du Spiritisme, la vie était stérile ; c’était un arbre desséché par les éclats de la foudre qui ne produisait aucun fruit. On me reconnaît à mes actes : j’illumine les intelligences, je réchauffe et je fortifie les cœurs ; je chasse loin de vous les influences trompeuses et vous conduis à Dieu par la perfection de l’esprit et du cœur. Venez vous ranger sous mon drapeau, je suis puissante et forte : je suis la Foi.

Je suis la Foi, et mon règne commence parmi les hommes ; règne pacifique qui va les rendre heureux pour le temps présent et pour l’éternité. L’aurore de mon avènement parmi vous est pure et sereine ; son soleil sera resplendissant, et son couchant viendra doucement bercer l’humanité dans les bras des félicités éternelles. Spiritisme ! verse sur les hommes ton baptême régénérateur ; je leur fais un appel suprême : je suis la Foi.

Georges,

Évêque de Périgueux.


L’Espérance

Je me nomme l’Espérance ; je vous souris à votre entrée dans la vie ; je vous y suis pas à pas, et ne vous quitte que dans les mondes où se réalisent pour vous les promesses de bonheur que vous entendez sans cesse murmurer à vos oreilles. Je suis votre fidèle amie ; ne repoussez pas mes inspirations : je suis l’Espérance.

C’est moi qui chante par la voie du rossignol et qui jette aux échos des forêts ces notes plaintives et cadencées qui vous font rêver des cieux ; c’est moi qui inspire à l’hirondelle le désir de réchauffer ses amours à l’abri de vos demeures ; je joue dans la brise légère qui caresse vos cheveux ; je répands à vos pieds les parfums suaves des fleurs de vos parterres, et c’est à peine si vous donnez une pensée à cette amie qui vous est si dévouée ! Ne la repoussez pas : c’est l’Espérance.

Je prends toutes les formes pour me rapprocher de vous : je suis l’étoile qui brille dans l’azur, le chaud rayon de soleil qui vous vivifie ; je berce vos nuits de songes riants ; je chasse loin de vous le noir souci et les sombres pensées ; je guide vos pas vers le sentier de la vertu ; je vous accompagne dans vos visites aux pauvres, aux affligés, aux mourants, et vous inspire les paroles affectueuses qui consolent ; ne me repoussez pas : je suis l’Espérance.

Je suis l’Espérance ! c’est moi qui, dans l’hiver, fais croître sur l’écorce des chênes la mousse épaisse dont les petits oiseaux construisent leur nid ; c’est moi qui, au printemps, couronne le pommier et l’amandier de leurs fleurs blanches et roses, et les répands sur la terre comme une jonchée céleste qui fait aspirer aux mondes heureux ; je suis surtout avec vous quand vous êtes pauvres et souffrants ; ma voix résonne sans cesse à vos oreilles ; ne me repoussez pas : je suis l’Espérance.

Ne me repoussez pas, car l’ange du désespoir me fait une guerre acharnée et s’épuise en vains efforts pour me remplacer près de vous ; je ne suis pas toujours la plus forte, et, quand il parvient à m’éloigner, il vous enveloppe de ses ailes funèbres, détourne vos pensées de Dieu et vous conduit au suicide ; unissez-vous à moi pour éloigner sa funeste influence et laissez-vous bercer doucement dans mes bras, car je suis l’Espérance.

Felicia,

Fille du médium.


La Charité

Je suis la Charité ; oui, la vraie Charité ; je ne ressemble en rien à la charité dont vous suivez les pratiques. Celle qui a usurpé mon nom parmi vous est fantasque, capricieuse, exclusive, orgueilleuse, et je viens vous prémunir contre les défauts qui ternissent, aux yeux de Dieu, le mérite et l’éclat de ses bonnes actions. Soyez dociles aux leçons que l’Esprit de vérité vous fait donner par ma voix ; suivez-moi, mes fidèles je suis la Charité.

Suivez-moi ; je connais toutes les infortunes, toutes les douleurs, toutes les souffrances, toutes les afflictions qui assiègent l’humanité. Je suis la mère des orphelins ; la fille des vieillards, la protectrice et le soutien des veuves ; je panse les plaies infectes ; je soigne toutes les maladies ; je donne des vêtements du pain et un abri à ceux qui n’en ont pas ; je monte dans les plus misérables greniers, dans l’humble mansarde ; je frappe à la porte des riches et des puissants, car, partout où vit une créature humaine, il y a sous le masque du bonheur d’amères et cuisantes douleurs. Oh ! que ma tâche est grande ! je ne puis suffire à la remplir si vous ne venez pas à mon aide ; venez à moi : je suis la Charité.

Je n’ai de préférence pour personne ; je ne dis jamais à ceux qui ont besoin de moi : « J’ai mes pauvres, adressez-vous ailleurs. » Oh ! fausse charité, que tu fais de mal ! Amis, nous nous devons à tous ; croyez-moi, ne refusez votre assistance à personne ; secourez-vous les uns les autres avec assez de désintéressement pour n’exiger aucune reconnaissance de la part de ceux que vous aurez secourus. La paix du cœur et de la conscience est la douce récompense de mes œuvres : je suis la vraie Charité.

Nul ne connaît sur la terre le nombre et la nature de mes bienfaits ; la fausse charité seule blesse et humilie celui qu’elle soulage. Gardez-vous de ce funeste écart ; les actions de ce genre n’ont aucun mérite auprès de Dieu et attirent sur vous sa colère. Lui seul doit savoir et connaître les élans généreux de vos cœurs, quand vous vous faites les dispensateurs de ses bienfaits. Gardez-vous donc, amis, de donner de la publicité à la pratique de l’assistance mutuelle ; ne lui donnez plus le nom d’aumône ; croyez en moi : Je suis la Charité.

J’ai tant d’infortunes à soulager que j’ai souvent les mamelles et les mains vides ; je viens vous dire que j’espère en vous. Le Spiritisme a pour devise : Amour et Charité, et tous les vrais Spirites voudront, à l’avenir, se conformer à ce sublime précepte prêché par le Christ, il y a dix-huit siècles. Suivez-moi donc, frères, je vous conduirai dans le royaume de Dieu, notre père. Je suis la Charité.

Adolphe,

Évêque d’Alger.

Instruction donnée par nos guides au sujet des trois communications ci-dessus

Mes chers amis, vous avez dû croire que c’était l’un de nous qui vous avait donné ces enseignements sur la foi, l’espérance et la charité, et vous avez eu raison.

Heureux de voir des Esprits très supérieurs vous donner si souvent les conseils qui doivent vous guider dans vos travaux spirituels, nous n’en éprouvons pas moins une joie douce et pure quand nous venons vous aider â la tâche de votre apostolat spirite.

Vous pouvez donc attribuer à l’Esprit de M. Georges la communication de la Foi ; celle de l’Espérance, à Félicia : vous y retrouvez le style poétique qu’elle avait pendant sa vie ; et celle de la Charité à M. Dupuch, évêque d’Alger, qui a été, sur la terre, un de ses fervents apôtres.

Nous avons encore à vous faire traiter la charité à un autre point de vue ; nous le ferons dans quelques jours.

Vos Guides.