Culture du médium

Chapitre 11 de La Sécurité Médiumnique de l’Esprit Miramez, psychographié par Joao Nunes Maia.


La médiumnité demande des études, elle n’échappe pas à la règle qui s’applique aux autres choses, comme à la science, à la philosophie et même à la connaissance de la religion. La culture est indispensable, dans toutes les ramifications du savoir.

Comment se perfectionner sans connaissance ? C’est un contre sens de penser que notre conscience profonde se suffit à elle seule. Même si tout a été écrit en elle par la main de Dieu ; même si là se trouvent les lois, avec toutes leurs ramifications, vibrant dans leurs intimes particularités, il ne pourra manquer, en aucun de nous, le propre effort de la recherche de la connaissance et de la profondeur des lois universelles du créateur.

Si ce qui vient de l’intérieur se fait présent pour la réalité externe, ce qui existe dehors réveille ce qui existe à l’intérieur. La médiumnité dépend beaucoup de la culture, c’est évident, sans pour cela, être son esclave. La culture active l’Esprit, le rendant capable de comprendre toutes les choses sans pour autant être dégradé par l’arrogance ou par l’égoïsme.
Le médium doit se donner à la lecture, de la même manière dont il a besoin d’aliments, tous les jours. Lorsque nous entendons, de la part de l’un d’eux, dire qu’il lui manque du temps pour lire, c’est un mauvais signe, c’est le signal que ses compagnies spirituelles sont de la même opinion.

Ainsi que dans le monde entier, il existe au Brésil des milliers de centres spirites, qui ont une carence d’instruction. Par manque de capacité de leurs instruments, sont faites des réunions sans savoir comment les faire, et les bienfaiteurs luttent contre de nombreuses difficultés pour transmettre leurs messages.

On ne peut pas prétexter le manque de livres, ou le manque de ceux qui se disposent à donner les leçons. La littérature médiumnique est énorme, elle nous montre les valeurs de cette philosophie qui revit l’Evangile de Notre Seigneur Jésus Christ. Tout est en train d’être fait par les lumières de l’éternité, il manque juste la part des hommes, pour s’adapter au travail des anges, pour apprendre à vivre, à penser et à parler du bien, à parler et à écrire sur l’amour, et à appliquer ces vérités immortelles, que le cœur peut sentir, par la bénédiction de Dieu.

Les réunions à caractère léger, communément, sont toujours pleines, et quand on se réunit pour des études sérieuses, pour un apprentissage plus concret, les participants sont peu nombreux, alors que ce devrait être le contraire.

Souvent, une personne demande plusieurs fois des conseils, en un mois de réunions, elle oublie que chaque page d’un bon livre constitue, au minimum, une des meilleures orientations. Ceci montre que cette personne ne lit pas, qu’elle oublie le conditionnement de la bonne lecture. Les moments qui devraient être dédiés à la lecture sont remplacés par des choses presque inutiles à son évolution, en s’excusant sans cesse que le temps est court.

Notre éducation coûte cher. La nature utilise des moyens drastiques pour nous enseigner, parce qu’elle n’en trouve pas d’autres, plus favorables et plus délicats. La miséricorde, pour beaucoup, se fatigue et laisse la place à la justice, que nous rappellent les temps de Moïse : œil pour œil, dent pour dent. La médiumnité est un don qui profite du progrès, et le médium doit faire sa part, avec prudence et perfection. Tout ce qui est bien fait, porte la marque de l’harmonie, qui plait à celui qui sait voir et qui sensibilise celui qui sait sentir.

La culture spiritualiste ne veut pas dire culture d’université. Lorsque les deux s’unissent dans la même dimension, cela devient agréable. Cependant, si la vie vous a privé des connaissances du monde, cherchez à comprendre les lois spirituelles, disséminées, depuis l’action du virus, jusqu’aux mouvements des astres, et, à partir d’eux, dans le tourbillon cosmique de la création de Dieu.

Nous vivons dans une grande école universelle. Il suffit de montrer de la bonne volonté pour apprendre les leçons. Nous sentons dans de meilleures dispositions à travailler près des personnes mûres, plutôt qu’avec des hommes de lettres qui ont oublié l’amour et ne se rappellent même plus du bénéfice de la charité.

Notre objectif n’est pas de faire de la littérature spirite une fiction, mais seulement d’être le copiste de la réalité universelle, parce que tout ce que nous écrivons et disons existe déjà, depuis la formation des mondes. Ce sont des lois immuables, dans l’éternité du temps et dans l’infini de l’espace, et il est bon que vous sachiez tous que nous révélons seulement ce qui n’était pas encore connu.

Quand on dit que seulement la vérité libère, qu’elle est la responsabilité découlant du fait de dire ce qui n’est pas vrai ? Notre intérêt est de conduire l’âme aux premiers degrés de l’échelle, mais c’est elle même qui doit faire le premier pas et continuer à monter, par un travail individuel, qui dépend seulement de Dieu et de celui qui se propose à monter. Allan Kardec dialoguant avec les Esprits, a écrit cette phrase : « Aimer et instruire ». Une telle phrase ne doit être oubliée par aucun homme, principalement par les spirites et les médiums.

La médiumnité peut disparaître, quand le médium ne sent pas la volonté d’être dans la vibration valeureuse de la réforme des hommes et du bien de la collectivité. Ceux qui commencent dans la doctrine spirite, en cherchant à fuir les corrections morales et celles de la culture spirituelle, sans s’en rendre compte, resteront en marge du chemin que d’autres parcourent avec facilité. Cela ne coûte rien.

Au contraire : il est de bon profit, aux heures de repos, de se dédier à une bonne lecture. Elle amène l’âme dans un climat de tranquillité, qui correspond aux nécessités de paix du cœur.

La vérité a un caractère tranquillisant, à partir du moment où nous ne réveillons pas prématurément ce qui dort encore. La médiumnité se perfectionne pour le bien de l’humanité. Celui qui l’utilise a des fins contraires, répondra pour les désastres commis. Les explosifs sont faits pour faciliter la construction des routes, ponts et maisons et d’autres choses utiles. Celui qui les utilisera pour répandre la mort, répondra de ce qu’il a fait. Ceci est la loi de la justice qui fonctionne dans la maison de Dieu.

Nous essayons d’atteindre l’intimité des médiums qui travaillent, pour qu’ils utilisent leurs valeurs correctement. Les instructions sont nombreuses, à la portée de tous, et nous vous demandons de ne pas perdre de temps en demandes, en critiques stériles et de ne pas baisser les bras devant les problèmes rencontrés sur le chemin.
Rappelez-vous ce que le Maître nous a dit : «Celui qui persévèrera jusqu’à la fin, sera sauvé». Insistez dans la limpidité de l’éducation et, dans cet effort continu, à travers les voies de la sagesse, et vous entrerez dans la culture dont a besoin un bon médium.

Ecole de médiums

Chapitre 7 du livre Sécurité Médiumnique de l’Esprit Miramez psychographié par João Nunes Maia.


On peut dire que l’école de médiums a été fondée par le respectable précepteur Allan Kardec, quand celui-ci a découvert cette faculté transcendante chez tous les peuples. Et les Esprits lui ont dit que la médiumnité, d’une certaine manière, s’enracine dans des points sensibles du complexe humain.
C’était une bénédiction de Dieu pour tous les hommes. Les communications avec les Esprits se faisaient dans toutes les nations du monde, principalement dans les centres de formation philosophique et religieuses. Moïse a reçu les fondements du judaïsme sur le mont Sinaï, mettant ainsi en fonction la médiumnité. Mahomet écoutait les voix des anges lui dicter le Coran, dont il écrivait les textes sur de la peau d’animal. Bouddha était entouré d’entités lumineuses qui lui transmettaient de hauts enseignements, qu’il retransmettait, pour que les disciples qui le suivaient puissent en prendre note. Socrate entendait toujours un Esprit lui souffler aux oreilles la philosophie que le monde a connue et admirée, marquant ainsi sa personnalité comme un des plus grands sages du monde, précurseur du
propre christianisme. Le Christ, le plus grand de tous, était un médium de Dieu. St François d’Assise a fondé ses ordres en écoutant la voix de Jésus, Luther écoutait des voix qui l’aidaient à interpréter les difficiles textes bibliques. Et le propre Loyola, homme plus guerrier que saint, a entendu, tandis qu’il méditait dans un temple, une voix qu’il a supposé être du Maître, ou de Paul, et qui disait : « A Rome, je te favoriserai » ; il a fondé la Compagnie de Jésus, pour défendre Rome, par l’épée si cela était nécessaire. Et des centaines d’hommes célèbres ont servi de médiums, changeant le cours de l’humanité, grâce aux directives divines.
Toutefois, tous ont fait parti de l’école disciplinaire des sentiments. Entendre des voix, beaucoup le peuvent, mais il faut savoir à quel type de conversation nous devons accorder attention. Et celui qui nous aide à déceler les « vrais » messages, est Notre Seigneur Jésus Christ, grâce au plus grand code éducatif du monde : l’Evangile. Il nous sera d’un grand profit, de marcher avec Jésus et de le comprendre, dans ses directives. Ceux qui sont appelés sont nombreux, nous dit le Christ, mais peu sont choisis. Le choix est fait par le perfectionnement interne, où participe le cœur et où travaille l’intelligence, par la pratique d’exercices élevés d’éducation.
La doctrine des Esprits a ouvert une école d’enseignements pour tous les médiums qui voudraient s’éduquer, dans la discipline que le bon sens a découverte. Cependant, cette école extérieure disparaît lorsque le médium est prêt, favorisant ainsi l’apparition du Christ dans son univers interne, et l’apparition de son guide sur tous les chemins, évitant ainsi que ses pieds trébuchent sur les sentiers de l’ombre. Les médiums doivent suivre les pas qui leur sont tracés dans les écoles de la doctrine codifiée par Kardec, jusqu’à ce qu’ils puissent être libres de connaître la vérité car c’est la vérité qui nous guide, tous, en harmonie avec notre évolution ascendante vers Dieu.
Nous devons considérer toutes les écoles jusqu’à un certain point, pour la préparation de l’apprenti. Il est indispensable que vous soyez dépendants, pour ensuite ouvrir les bras vers l’infini, et devenir conscients de vos propres actes. Les répétitions sur les bancs scolaires poussent l’intelligence à développer l’intuition, de sorte que chacun soit guidé par son Christ intérieur, dans la divine fonction d’être libre entre les hommes, écoutant ainsi toujours le grand Souverain de l’Univers.
L’Esprit, dans la profonde philosophie spirituelle, n’apprend rien. Tout ce que nous écoutons des autres et tout ce que nous voyons dans les livres, incluant d’autres méthodes d’apprentissage, ne vise qu’à nous éveiller, réveillant ce qui existe dans notre conscience, car Dieu, dans sa suprême perfection, ne
fait rien d’imparfait. Nous n’avons pas seulement six ou sept sens. Nos dons sont par milliers. Les
autres échappent encore au progrès humain. Après les avoir développés ou éveillés, nous entrons dans ce que nous pouvons appeler de Tout de la conscience, du savoir et de l’amour, selon ce que notre monde comporte dans son échelle évolutive.
Lorsque les spirites se donneront la main pour appliquer ces deux motifs : éduquer et instruire, alors la doctrine des Esprits accomplira son devoir, face à la promesse établie avec le Christ de faire revivre le christianisme dans le monde moderne. Sinon, il n’y aura pas de solution pour la paix sur la Terre.
Nous sommes tous médiums, qui ne sait cela ? Mais il ne suffit pas d’être intermédiaire des Esprits. Il faut vérifier la loi d’attraction régissant et supportant tous les mondes. Nous attirons, par nos canaux médiumniques, ce que nous sommes. Le « dis moi avec qui tu marches et je te dirai qui tu es » est très important pour les médiums et plus important encore est le « dis moi qui tu es et je te dirai avec qui tu vas ».
Le premier pas du sensitif est la réforme des habitudes. Tout dans la vie doit rechercher l’harmonie, en première instance, car l’harmonie stimule l’amour. Le monde entier a déjà été la scène de millions de médiums qui étaient des Esprits de l’ombre. Il est nécessaire, qu’une fois éduqués et illuminés, ils soient médiums des bienfaiteurs de la lumière. La majeure partie de cette éducation et de cette spiritualisation revient aux écoles spirites, à partir du moment où elles n’oublient pas le Maître des maîtres qui nous a laissé la leçon sur la Terre. Nous sommes tous les héritiers divins du Seigneur.
Lorsque quelqu’un a la médiumnité à fleur de peau et frappe à la porte du temple, nous devons lui donner les premières leçons, car sa médiumnité de demain sera celle que nous lui aurons montrée aujourd’hui. Initions le compagnon au travail de la charité car elle est la meilleure et la mieux orientée des écoles de Jésus. Notre prochain est toujours notre extension. Examinons les impulsions de nos frères qui veulent communiquer avec les Esprits, et montrons leurs les dangers qu’ils courent, s’ils n’ont pas préparé leurs sentiments. La direction d’une réunion spirite est d’une grande responsabilité
envers ceux qui y participent. Nous y extériorisons tous, ce que nous sommes à l’intérieur. L’école de médiums est très importante car elle nous aidera à nous libérer nous-mêmes des conditions humaines, selon l’intuition divine.
Le Christ naît dans le cœur seulement lorsque l’amour nous libère des barrières établies par les religions du monde.

L’influence des Esprits sur nos pensées et sur nos actions

Extrais du chapitre 9 du Livre des Esprits – Allan Kardec.

459. Les Esprits influent-ils sur nos pensées et sur nos actions ?

« Sous ce rapport leur influence est plus grande que vous ne croyez, car bien souvent ce sont eux qui vous dirigent. »

460. Avons-nous des pensées qui nous sont propres, et d’autres qui nous sont suggérées ?

« Votre âme est un Esprit qui pense ; vous n’ignorez pas que plusieurs pensées vous arrivent à la fois sur un même sujet, et souvent bien contraires les unes aux autres ; eh bien ! il y en a toujours de vous et de nous ; c’est ce qui vous met dans l’incertitude, parce que vous avez en vous deux idées qui se combattent. »

461. Comment distinguer les pensées qui nous sont propres de celles qui nous sont suggérées ?

« Lorsqu’une pensée est suggérée, c’est comme une voix qui vous parle. Les pensées propres sont en général celles du premier mouvement. Du reste, il n’y a pas un grand intérêt pour vous dans cette distinction, et il est souvent utile de ne pas le savoir : l’homme agit plus librement ; s’il se décide pour le bien, il le fait plus volontiers ; s’il prend le mauvais chemin, il n’en a que plus de responsabilité. »

462. Les hommes d’intelligence et de génie puisent-ils toujours leurs idées dans leur propre fonds ?

« Quelquefois, les idées viennent de leur propre Esprit, mais souvent elles leur sont suggérées par d’autres Esprits qui les jugent capables de les comprendre et dignes de les transmettre. Quand ils ne les trouvent pas en eux, ils font appel à l’inspiration ; c’est une évocation qu’ils font sans s’en douter. »

S’il eût été utile que nous puissions distinguer clairement nos pensées propres de celles qui nous sont suggérées, Dieu nous en eût donné le moyen, comme il nous donne celui de distinguer le jour et la nuit. Quand une chose est dans le vague, c’est que cela doit être pour le bien.

463. On dit quelquefois que le premier mouvement est toujours bon ; cela est-il exact ?

« Il peut être bon ou mauvais selon la nature de l’Esprit incarné. Il est toujours bon chez celui qui écoute les bonnes inspirations. »

464. Comment distinguer si une pensée suggérée vient d’un bon ou d’un mauvais Esprit ?

« Etudiez la chose ; les bons Esprits ne conseillent que le bien ; c’est à vous de distinguer. »

465. Dans quel but les Esprits imparfaits nous poussent-ils au mal ?

« Pour vous faire souffrir comme eux. »

– Cela diminue-t-il leurs souffrances ?

« Non, mais ils le font par jalousie de voir des êtres plus heureux. »

– Quelle nature de souffrance veulent-ils faire éprouver ?

« Celles qui résultent d’être d’un ordre inférieur et éloigné de Dieu. »

466. Pourquoi Dieu permet-il que des Esprits nous excitent au mal ?

« Les Esprits imparfaits sont des instruments destinés à éprouver la foi et la constance des hommes dans le bien. Toi, étant Esprit, tu dois progresser dans la science de l’infini, c’est pour cela que tu passes par les épreuves du mal pour arriver au bien. Notre mission est de te mettre dans le bon chemin, et quand de mauvaises influences agissent sur toi, c’est que tu les appelles par le désir du mal, car les Esprits inférieurs viennent à ton aide dans le mal quand tu as la volonté de le commettre ; ils ne peuvent t’aider dans le mal que quand tu veux le mal. Si tu es enclin au meurtre, eh bien ! tu auras une nuée d’Esprits qui entretiendront cette pensée en toi ; mais aussi tu en as d’autres qui tâcheront de t’influencer en bien, ce qui fait que cela rétablit la balance et te laisse le maître. »

C’est ainsi que Dieu laisse à notre conscience le choix de la route que nous devons suivre, et la liberté de céder à l’une ou à l’autre des influences contraires qui s’exercent sur nous.

467. Peut-on s’affranchir de l’influence des Esprits qui sollicitent au mal ?

« Oui, car ils ne s’attachent qu’à ceux qui les sollicitent par leurs désirs ou les attirent par leurs pensées. »

468. Les Esprits dont l’influence est repoussée par la volonté renoncent-ils à leurs tentatives ?

« Que veux-tu qu’ils fassent ? Quand il n’y a rien à faire, ils cèdent la place ; cependant, ils guettent le moment favorable, comme le chat guette la souris. »

469. Par quel moyen peut-on neutraliser l’influence des mauvais Esprits ?

« En faisant le bien, et en mettant toute votre confiance en Dieu, vous repoussez l’influence des Esprits inférieurs et vous détruisez l’empire qu’ils voulaient prendre sur vous. Gardez-vous d’écouter les suggestions des Esprits qui suscitent en vous de mauvaises pensées, qui soufflent la discorde entre vous, et qui excitent en vous toutes les mauvaises passions. Défiez-vous surtout de ceux qui exaltent votre orgueil, car ils vous prennent par votre faible. Voilà pourquoi Jésus vous fait dire dans l’oraison dominicale : Seigneur ! ne nous laissez pas succomber à la tentation, mais délivrez-nous du mal. »

470. Les Esprits qui cherchent à nous induire au mal, et qui mettent ainsi à l’épreuve notre fermeté dans le bien, ont-ils reçu mission de le faire, et si c’est une mission qu’ils accomplissent en ont-ils la responsabilité ?

« Nul Esprit ne reçoit la mission de faire le mal ; quand il le fait, c’est de sa propre volonté, et par conséquent il en subit les conséquences. Dieu peut le lui laisser faire pour vous éprouver, mais il ne le lui commande pas, et c’est à vous de le repousser. »

471. Lorsque nous éprouvons un sentiment d’angoisse, d’anxiété indéfinissable ou de satisfaction intérieure sans cause connue, cela tient-il uniquement à une disposition physique ?

« C’est presque toujours un effet des communications que vous avez à votre insu avec les Esprits, ou que vous avez eues avec eux pendant le sommeil. »

472. Les Esprits qui veulent nous exciter au mal ne font-ils que profiter des circonstances où nous nous trouvons, ou peuvent-ils faire naître ces circonstances ?

« Ils profitent de la circonstance, mais souvent ils la provoquent en vous poussant à votre insu vers l’objet de votre convoitise. Ainsi, par exemple, un homme trouve sur son chemin une somme d’argent : ne crois pas que ce sont les Esprits qui ont apporté l’argent en cet endroit, mais ils peuvent donner à l’homme la pensée de se diriger de ce côté, et alors la pensée lui est suggérée par eux de s’en emparer, tandis que d’autres lui suggèrent celle de rendre cet argent à celui à qui il appartient. Il en est de même de toutes les autres tentations. »

La responsabilité morale

Extrait de la Revue Spirite d’août 1867. Médium : M. Nivard


J’assiste à toutes tes causeries mentales, mais sans les diriger : tes pensées sont émises en ma présence, mais je ne les provoque pas. C’est le pressentiment des cas qui ont quelque chance de se présenter, qui fait naître en toi les pensées propres à résoudre les difficultés qu’ils pourraient te susciter. C’est là le libre arbitre ; c’est l’exercice de l’Esprit incarné, s’essayant à résoudre des problèmes qu’il se pose lui-même.

En effet, si les hommes n’avaient que les idées que les Esprits leur inspirent, ils auraient peu de responsabilité et peu de mérite ; ils n’auraient que la responsabilité d’avoir écouté de mauvais conseils, ou le mérite d’avoir suivi les bons. Or, cette responsabilité et ce mérite seraient évidemment moins grands que s’ils étaient le résultat de l’entier libre arbitre, c’est-à-dire d’actes accomplis dans la plénitude de l’exercice des facultés de l’Esprit, qui, dans ce cas, agit sans aucune sollicitation.

Il résulte de ce que je dis que très souvent les hommes ont des pensées qui leur sont essentiellement propres, et que les calculs auxquels ils se livrent, les raisonnements qu’ils tiennent, les conclusions auxquelles ils aboutissent, sont le résultat de l’exercice intellectuel au même titre que le travail manuel est le résultat de l’exercice corporel. Il ne faudrait pas conclure de là, que l’homme n’est pas assisté dans ses pensées et dans ses actes par les Esprits qui l’entourent, bien au contraire ; les Esprits, soit bienveillants, soit malveillants, sont souvent la cause provocatrice de vos actes et de vos pensées ; mais vous ignorez complètement dans quelles circonstances cette influence se produit, en sorte qu’en agissant, vous croyez le faire en vertu de votre propre mouvement : votre libre arbitre reste intact ; il n’y a de différence entre les actes que vous accomplissez sans y être poussés, et ceux que vous accomplissez sous l’influence des Esprits, que dans le degré du mérite ou de la responsabilité.

Dans l’un et l’autre cas, la responsabilité et le mérite existent, mais, je le répète, ils n’existent pas au même degré. Ce principe que j’énonce n’a pas, je crois, besoin de démonstration ; il me suffira, pour le prouver, de prendre une comparaison dans ce qui existe parmi vous.

Si un homme a commis un crime, et qu’il l’ait commis, séduit par les conseils dangereux d’un homme qui exerce sur lui beaucoup d’influence, la justice humaine saura le reconnaître en lui accordant bénéfice des circonstances atténuantes ; elle ira plus loin : elle punira l’homme dont les conseils pernicieux ont provoqué le crime, et sans y avoir autrement contribué, cet homme sera plus sévèrement puni que celui qui n’a été que l’instrument, parce que c’est sa pensée qui a conçu le crime, et son influence sur un être plus faible qui l’a fait exécuter. Eh bien ! ce que font les hommes dans ce cas, en diminuant la responsabilité du criminel et en la partageant l’infâme avec qui l’a poussé à commettre le crime, comment voudriez-vous que Dieu, qui est la justice même, n’en fît pas autant, puisque votre raison vous dit qu’il est juste d’agir ainsi ?

Pour ce qui concerne le mérite des bonnes actions, que j’ai dit être moins grand si l’homme a été sollicité à les faire, c’est la contrepartie de ce que je viens de dire au sujet de la responsabilité, et peut se démontrer en renversant la proposition.

Ainsi donc, quand il t’arrive de réfléchir et de promener tes idées d’un sujet à un autre ; quand tu discutes mentalement sur les faits que tu prévois ou qui sont déjà accomplis ; quand tu analyses, quand tu raisonnes et quand tu juges, ne crois pas que ce soient des Esprits qui te dictent tes pensées ou qui te dirigent ; ils sont là, près de toi, ils t’écoutent ; ils voient avec plaisir cet exercice intellectuel auquel tu te livres ; leur plaisir est doublé, quand ils voient que tes conclusions sont conformes à la vérité.

Il leur arrive quelquefois, évidemment, de se mêler à cet exercice, soit pour le faciliter, soit pour donner à l’Esprit quelques aliments, ou lui créer quelques difficultés, afin de rendre cette gymnastique intellectuelle plus profitable à celui qui la pratique ; mais, en général, l’homme qui cherche, quand il est livré à ses réflexions, agit presque toujours seul, sous l’œil vigilant de son Esprit protecteur, qui intervient si le cas est assez grave pour rendre son intervention nécessaire.

Ton père qui veille sur toi, et qui est heureux de te voir à peu près rétabli. (Le médium sortait d’une grave maladie.)

Louis Nivard

Critères de qualité pour les réunions médiumniques

Extrait du livre Réunions médiumniques – Projet Manoel Philomeno de Miranda, vol. 1


Choix et confidentialité

1/Confidentialité : il ne peut être admis dans le local et à l’horaire pour l’échange médiumnique d’autre personne que l’équipe responsable, exception faite pour quelque invité en condition d’y assister, à l’appréciation du dirigeant.

2/ Sélection des participants selon le critère d’affinité entre eux, intérêt, dévouement, capacité d’intégration, équilibre émotionnel, santé, et connaissance spirite compatibles avec la tâche à laquelle ils se destinent.

Exigences liées aux participants

3/ Harmonie et amitié entre les membres de chaque groupe médiumnique et entre les différents groupes, abolissant tout sentiment de compétition.

4/ Intérêt constant pour apprendre, être, et travailler dépouillé de toute attitude personnaliste.

5/Coopération réciproque et motivation permanente.

6/ Engagement individuel et collectif à l’étude, à la prière, à la pratique de la charité et à l’auto-perfectionnement progressif.

7/ Pratique de l’Évangile au foyer.

8/ Intégration dans les tâches et les programmes de la maison Spirite et engagement pour la Cause.

Préparation et ambiance

9/ Ambiance réservée exclusivement aux réunions médiumniques ou activités similaires.

10/ Garantie de silence et d’harmonie vibratoire dans toutes les dépendances du Centre Spirite, en évitant les activités simultanées qui peuvent déstabiliser cette harmonie.

Normes et procédures

11/ Équipe consciente quant à la valeur des disciplines préparatoires, ponctualité et assiduité.

12/ Régularité des réunions avec la même équipe, en évitant les expériences impromptues et de motivation occasionnelle.

13/ Nombre de participants limité, compatible avec la nature spécifique de la réunion et la capacité d’harmonisation de l’équipe.

14/ Membres d’une équipe non engagés dans les pratiques d’échange spirituel des autres Institutions.

15/ Chaque membre de l’équipe, conscient de son rôle et de tous ceux des autres, liés au travail médiumnique, ne conseillent pas des improvisations ou des échanges de fonctions.

Direction et enseignement

16/ Dirigeant incarné avec l’expérience de l’enseignement, connaissance doctrinaire et leadership naturel, capable de faire preuve d’affection sans privilèges et d’orienter avec bonté et fermeté.

17/ Services aux Esprits souffrants conduits de façon aimante et sure, avec tact et psychologie, au travers de dialogues respectueux et objectifs.

Objectifs et évaluation

18/Compréhension quant aux objectifs fondamentaux des réunions médiumniques qui sont : démonstration de l’immortalité de l’âme, instruction des participants et aide aux esprits souffrants de l’erraticité.

19/ Sens de l’auto-critique et habitude de l’évaluation des résultats, individuels et collectifs.

20/ Évaluation du résultat médiumnique sur les critères de la facilité et de l’équilibre avec lesquels les communications arrivent.

21/ Évaluation de l’authenticité des communications sur le critère de la cohérence entre l’évolution de l’Esprit communicant, son langage, et les connaissances du médium.

22/ Évaluation des réunions sur le critère du bien produit, déconseillant d’évaluer sur le mal qui n’est pas arrivé.

Théorie des Manifestations physiques (2/2)

Article 2/2 – Revue Spirite de Juin 1858


Nous prions nos lecteurs de vouloir bien se rapporter au premier article que nous avons publié sur ce sujet ; celui-ci, en étant la continuation, serait peu intelligible si l’on n’en avait pas le commencement présent à la pensée.

Les explications que nous avons données des manifestations physiques sont, comme nous l’avons dit, fondées sur l’observation et une déduction logique des faits : nous avons conclu d’après ce que nous vu. Maintenant comment s’opèrent, dans la matière éthérée, les modifications qui vont la rendre perceptible et tangible ? Nous allons d’abord laisser parler les Esprits que nous avons interrogés à ce sujet, nous y ajouterons nos propres remarques. Les réponses suivantes nous ont été données par l’Esprit de saint Louis ; elles concordent avec ce que d’autres nous avaient dit précédemment.

1. Comment un Esprit peut-il apparaître avec la solidité d’un corps vivant ? – Il combine une partie du fluide universel avec le fluide que dégage le médium propre à cet effet. Ce fluide revêt à sa volonté la forme qu’il désire, mais généralement cette forme est impalpable.

2. Quelle est la nature de ce fluide ? – R. Fluide, c’est tout dire.

3. Ce fluide est-il matériel ? – R. Semi-matériel.

4. Est-ce ce fluide qui compose le périsprit ? – R. Oui, c’est la liaison de l’Esprit à la matière.

5. Ce fluide est-il celui qui donne la vie, le principe vital ? – R. Toujours lui ; j’ai dit liaison.

6. Ce fluide est-il une émanation de la Divinité ? – R. Non.

7. Est-ce une création de la Divinité ? – R. Oui ; tout est créé, excepté Dieu lui-même.

8. Le fluide universel a-t-il quelque rapport avec le fluide électrique dont nous connaissons les effets ? – R. Oui, c’est son élément.

9. La substance éthérée qui se trouve entre les planètes est-elle le fluide universel dont il est question ? – R. Il entoure les mondes : sans le principe vital, nul ne vivrait. Si un homme s’élevait au-delà, de l’enveloppe fluidique qui environne les globes, il périrait, car le principe vital se retirerait de lui pour rejoindre la masse. Ce fluide vous anime, c’est lui que vous respirez.

10. Ce fluide est-il le même dans tous les globes ? – R. C’est le même principe, mais plus ou moins éthéré, selon la nature des globes ; le vôtre est un des plus matériels.

11. Puisque c’est ce fluide qui compose le périsprit, il paraît y être dans une sorte d’état de condensation qui le rapproche jusqu’à un certain point de la matière ? – R. Oui, jusqu’à un certain point, car il n’en a pas les propriétés ; il est plus ou moins condensé, selon les mondes.

12. Sont-ce les Esprits solidifiés qui enlèvent une table ? – R. Cette question n’amènera pas encore ce que vous désirez. Lorsqu’une table se meut sous vos mains, l’Esprit que votre Esprit évoque va puiser dans le fluide universel de quoi animer cette table d’une vie factice. Les Esprits qui produisent ces sortes d’effets sont toujours des Esprits inférieurs qui ne sont pas encore entièrement dégagés de leur fluide ou périsprit. La table étant ainsi préparée à leur gré (au gré des Esprits frappeurs), l’Esprit l’attire et la meut sous l’influence de son propre fluide dégagé par sa volonté. Lorsque la masse qu’il veut soulever ou mouvoir est trop pesante pour lui, il appelle à son aide des Esprits qui se trouvent dans les mêmes conditions que lui. Je crois m’être expliqué assez clairement pour me faire comprendre.

13. Les Esprits qu’il appelle à son aide lui sont-ils inférieurs ? – R. Egaux, presque toujours ; souvent ils viennent d’eux-mêmes.

14. Nous comprenons que les Esprits supérieurs ne s’occupent pas de choses qui sont au-dessous d’eux ; mais nous demandons si, en raison de ce qu’ils sont dématérialisés, ils auraient la puissance de le faire s’ils en avaient la volonté ? – R. Ils ont la force morale comme les autres ont la force physique ; quand ils ont besoin de cette force, ils se servent de ceux qui la possèdent. Ne vous a-t-on pas dit qu’ils se servent des Esprits inférieurs comme vous le faites de portefaix ?

15. D’où vient la puissance spéciale de M. Home ? – R. De son organisation.

16. Qu’a-t-elle de particulier ? – R. Cette question n’est pas précise.

17. Nous demandons s’il s’agit de son organisation physique ou morale ? – R. J’ai dit organisation.

18. Parmi les personnes présentes, en est-il qui puissent avoir la même faculté que M. Home ? – R. Elles l’ont à quelque degré. N’est-il pas un de vous qui ait fait mouvoir une table ?

19. Lorsqu’une personne fait mouvoir un objet, est-ce toujours par le concours d’un Esprit étranger, ou bien l’action peut-elle provenir du médium seul ? – R Quelque fois l’Esprit du médium peut agir seul, mais le plus souvent c’est avec l’aide des Esprits évoqués ; cela est facile à reconnaître.

20. Comment se fait-il que les Esprits apparaissent avec les vêtements qu’ils avaient sur la terre ? – R. Ils n’en ont souvent que l’apparence. D’ailleurs, que de phénomènes n’avez-vous pas parmi vous sans solution ! Comment se fait-il que le vent, qui est impalpable, renverse et brise l’arbre composé de matière solide ?

21. Qu’entendez-vous en disant que ces vêtements ne sont qu’une apparence ? – R. Au toucher on ne sent rien.

22. Si nous avons bien compris ce que vous nous avez dit, le principe vital réside dans le fluide universel ; l’Esprit puise dans ce fluide l’enveloppe semi-matérielle qui constitue son périsprit, et c’est par le moyen de ce fluide qu’il agit sur la matière inerte. Est-ce bien cela ? – R. Oui ; c’est-à-dire qu’il anime la matière d’une espèce de vie factice ; la matière s’anime de la vie animale. La table qui se meut sous vos mains vit et souffre comme l’animal ; elle obéit d’elle-même à l’être intelligent. Ce n’est pas lui qui la dirige comme l’homme fait d’un fardeau ; lorsque la table s’enlève, ce n’est pas l’Esprit qui la soulève, c’est la table animée qui obéit à l’Esprit intelligent.

23. Puisque le fluide universel est la source de la vie, est-il en même temps la source de l’intelligence ? – R. Non ; le fluide n’anime que la matière.

Cette théorie des manifestations physiques offre plusieurs points de contact avec celle que nous avons donnée, mais elle en diffère aussi sous certains rapports. De l’une et de l’autre il ressort ce point capital que le fluide universel, dans lequel réside le principe de la vie, est l’agent principal de ces manifestations, et que cet agent reçoit son impulsion de l’Esprit, que celui-ci soit incarné ou errant. Ce fluide condensé constitue le périsprit ou enveloppe semi-matérielle de l’esprit. Dans l’état d’incarnation, ce périsprit est uni à la matière du corps ; dans l’état d’erraticité, il est libre. Or, deux questions se présentent ici : celle de l’apparition des Esprits, et celle du mouvement imprimé aux corps solides.

A l’égard de la première, nous dirons que, dans l’état normal, la matière éthérée du périsprit échappe à la perception de nos organes ; l’âme seule peut la voir, soit en rêve, soit en somnambulisme, soit même dans le demi-sommeil, en un mot toutes les fois qu’il y a suspension totale ou partielle de l’activité des sens. Quand l’Esprit est incarné, la substance du périsprit est plus ou moins intimement liée à la matière du corps, plus ou moins adhérente, si l’on peut s’exprimer ainsi. Chez certaines personnes, il y a en quelque sorte émanation de ce fluide par suite de leur organisation, et c’est là, à proprement parler, ce qui constitue les médiums à influences physiques. Ce fluide émané du corps se combine, selon des lois qui nous sont inconnues, avec celui qui forme l’enveloppe semi-matérielle d’un Esprit étranger. Il en résulte une modification, une sorte de réaction moléculaire qui en change momentanément les propriétés, au point de le rendre visible, et dans quelques cas tangible. Cet effet peut se produire avec ou sans le concours de la volonté du médium ; c’est ce qui distingue les médiums naturels des médiums facultatifs. L’émission du fluide peut être plus ou moins abondante : de là les médiums plus ou moins puissants ; elle n’est point permanente, ce qui explique l’intermittence de la puissance. Si l’on tient compte enfin du degré d’affinité qui peut exister entre le fluide du médium et celui de tel ou tel Esprit, on concevra que son action peut s’exercer sur les uns et non sur les autres.

Ce que nous venons de dire s’applique évidemment aussi à la puissance médianimique concernant le mouvement des corps solides ; reste à savoir comment s’opère ce mouvement. Selon les réponses que nous avons rapportées ci-dessus, la question se présente sous un jour tout nouveau ; ainsi, quand un objet est mis en mouvement, enlevé ou lancé en l’air, ce ne serait point l’Esprit qui le saisit, le pousse ou le soulève, comme nous le ferions avec la main ; il le sature, pour ainsi dire, de son fluide par sa combinaison avec celui du médium, et l’objet, ainsi momentanément vivifié, agit comme le ferait un être vivant, avec cette différence que, n’ayant pas de volonté propre, il suit l’impulsion de la volonté de l’Esprit, et cette volonté peut être celle de l’Esprit du médium, tout aussi bien que celle d’un Esprit étranger, et quelquefois de tous les deux, agissant de concert, selon qu’ils sont ou non sympathiques. La sympathie ou l’antipathie qui peut exister entre le médium et les Esprits qui s’occupent de ces effets matériels explique pourquoi tous ne sont pas aptes à les provoquer.

Puisque le fluide vital, poussé en quelque sorte par l’Esprit, donne une vie factice et momentanée aux corps inertes, que le périsprit n’est autre chose que ce même fluide vital, il s’ensuit que lorsque l’Esprit est incarné, c’est lui qui donne la vie au corps, au moyen de son périsprit ; il y reste uni tant que l’organisation le permet ; quand il se retire, le corps meurt. Maintenant si, au lieu d’une table, on taille le bois en statue, et qu’on agisse sur cette statue comme sur une table, on aura une statue qui se remuera, qui frappera, qui répondra par ses mouvements et ses coups ; on aura, en un mot, une statue momentanément animée d’une vie artificielle. Quelle lumière cette théorie ne jette-t-elle pas sur une foule de phénomènes jusqu’alors inexpliqué ! que d’allégories et d’effets mystérieux n’explique-t-elle pas ! C’est toute une philosophie.

Théorie des manifestations physiques (1/2)

Article 1/2 – Revue spirite de mai 1858


L’influence morale des Esprits, les relations qu’ils peuvent avoir avec notre âme, ou l’Esprit incarné en nous, se conçoivent aisément. On comprend que deux êtres de même nature puissent se communiquer par la pensée, qui est un de leurs attributs, sans le secours des organes de la parole ; mais-ce dont il est plus difficile de se rendre compte, ce sont les effets matériels qu’ils peuvent produire, tels que les bruits, le mouvement des corps solides, les apparitions, et surtout les apparitions tangibles. Nous allons essayer d’en donner l’explication d’après les Esprits eux-mêmes, et d’après l’observation des faits.

L’idée que l’on se forme de la nature des Esprits rend au premier abord ces phénomènes incompréhensibles. L’Esprit, dit-on, c’est l’absence de toute matière, donc il ne peut agir matériellement ; or, là est l’erreur. Les Esprits interrogés sur la question de savoir s’ils sont immatériels, ont répondu ceci : « Immatériel n’est pas le mot, car l’Esprit est quelque chose, autrement ce serait le néant. C’est, si vous le voulez, de la matière, mais une matière tellement éthérée, que c’est pour vous comme si elle n’existait pas. » Ainsi l’Esprit n’est pas, comme quelques-uns le croient, une abstraction, c’est un être, mais dont la nature intime échappe à nos sens grossiers.

Cet Esprit incarné dans le corps constitue l’âme ; lorsqu’il le quitte à la mort, il n’en sort pas dépouillé de toute enveloppe. Tous nous disent qu’ils conservent la forme qu’ils avaient de leur vivant, et, en effet, lorsqu’ils nous apparaissent, c’est généralement sous celle que nous leur connaissions.

Observons-les attentivement au moment où ils viennent de quitter la vie ; ils sont dans un état de trouble ; tout est confus autour d’eux ; ils voient leur corps sain ou mutilé, selon leur genre de mort ; d’un autre côté ils se voient et se sentent vivre ; quelque chose leur dit que ce corps est à eux, et ils ne comprennent pas qu’ils en soient séparés : le lien qui les unissait n’est donc pas encore tout à fait rompu.

Ce premier moment de trouble dissipé, le corps devient pour eux un vieux vêtement dont ils se sont dépouillés et qu’ils ne regrettent pas, mais ils continuent à se voir sous leur forme primitive ; or ceci n’est point un système : c’est le résultat d’observations faites sur d’innombrables sujets. Qu’on veuille bien maintenant se reporter à ce que nous avons raconté de certaines manifestations produites par M. Home et autres médiums de ce genre : des mains apparaissent, qui ont toutes les propriétés de mains vivantes, que l’on touche, qui vous saisissent, et qui tout à coup s’évanouissent. Que devons-nous en conclure ? c’est que l’âme ne laisse pas tout dans le cercueil et qu’elle emporte quelque chose avec elle.

Il y aurait ainsi en nous deux sortes de matière : l’une grossière, qui constitue l’enveloppe extérieure, l’autre subtile et indestructible. La mort est la destruction, ou mieux la désagrégation de la première, de celle que l’âme abandonne ; l’autre se dégage et suit l’âme qui se trouve, de cette manière, avoir toujours une enveloppe ; c’est celle que nous nommons périsprit. Cette matière subtile, extraite pour ainsi dire de toutes les parties du corps auquel elle était liée pendant la vie, en conserve l’empreinte ; or voilà pourquoi les Esprits se voient et pourquoi ils nous apparaissent tels qu’ils étaient de leur vivant. Mais cette matière subtile n’a point la ténacité ni la rigidité de la matière compacte du corps ; elle est, si nous pouvons nous exprimer ainsi, flexible et expansible ; c’est pourquoi la forme qu’elle prend, bien que calquée sur celle du corps, n’est pas absolue ; elle se plie à la volonté de l’Esprit, qui peut lui donner telle ou telle apparence à son gré, tandis que l’enveloppe solide lui offrait une résistance insurmontable ; débarrassé de cette entrave qui le comprimait, le périsprit s’étend ou se resserre, se transforme, en un mot se prête à toutes les métamorphoses, selon la volonté qui agit sur lui.

L’observation prouve, et nous insistons sur ce mot observation, car toute notre théorie est la conséquence de faits étudiés, que la matière subtile qui constitue la seconde enveloppe de l’Esprit ne se dégage que peu à peu, et non point instantanément du corps. Ainsi les liens qui unissent l’âme et le corps ne sont point subitement rompus par la mort ; or, l’état de trouble que nous avons remarqué dure pendant tout le temps que s’opère le dégagement ; l’Esprit ne recouvre l’entière liberté de ses facultés et la conscience nette de lui-même que lorsque ce dégagement est complet.

L’expérience prouve encore que la durée de ce dégagement varie selon les individus. Chez quelques-uns il s’opère en trois ou quatre jours, tandis que chez d’autres il n’est pas entièrement accompli au bout de plusieurs mois. Ainsi la destruction du corps, la décomposition putride ne suffisent pas pour opérer la séparation ; c’est pourquoi certains Esprits disent : Je sens les vers qui me rongent.

Chez quelques personnes la séparation commence avant la mort ; ce sont celles qui, de leur vivant, se sont élevées par la pensée et la pureté de leurs sentiments au-dessus des choses matérielles ; la mort ne trouve plus que de faibles liens entre l’âme et le corps, et ces liens se rompent presque instantanément. Plus l’homme a vécu matériellement, plus il a absorbé ses pensées dans les jouissances et les préoccupations de la personnalité, plus ces liens sont tenaces ; il semble que la matière subtile se soit identifiée avec la matière compacte, qu’il y ait entre elles cohésion moléculaire ; voilà pourquoi elles ne se séparent que lentement et difficilement.

Dans les premiers instants qui suivent la mort, alors qu’il y a encore union entre le corps et le périsprit, celui-ci conserve bien mieux l’empreinte de la forme corporelle, dont il reflète pour ainsi dire toutes les nuances, et même tous les accidents. Voilà pourquoi un supplicié nous disait peu de jours après son exécution : Si vous pouviez me voir, vous me verriez avec la tête séparée du tronc. Un homme qui était mort assassiné nous disait : Voyez la plaie que l’on m’a faite au coeur. Il croyait que nous pouvions le voir.

Ces considérations nous conduiraient à examiner l’intéressante question de la sensation des Esprits et de leurs souffrances ; nous le ferons dans un autre article, voulant nous renfermer ici dans l’étude des manifestations physiques.

Représentons-nous donc l’Esprit revêtu de son enveloppe semi-matérielle ou périsprit, ayant la forme ou apparence qu’il avait de son vivant. Quelques-uns même se servent de cette expression pour se désigner ; ils disent : Mon apparence est à tel endroit. Ce sont évidemment là les mânes des Anciens. La matière de cette enveloppe est assez subtile pour échapper à notre vue dans son état normal ; mais elle n’est pas pour cela absolument invisible. Nous la voyons d’abord, par les yeux de l’âme, dans les visions qui se produisent pendant les rêves ; mais ce n’est pas ce dont nous avons à nous occuper. Il peut arriver dans cette matière éthérée telle modification, l’Esprit lui-même peut lui faire subir une sorte de condensation qui la rende perceptible aux yeux du corps ; c’est ce qui a eu lieu dans les apparitions vaporeuses. La subtilité de cette matière lui permet de traverser les corps solides ; voilà pourquoi ces apparitions ne rencontrent pas d’obstacles, et pourquoi elles s’évanouissent souvent à travers les murailles.

La condensation peut arriver au point de produire la résistance et la tangibilité ; c’est le cas des mains que l’on voit et que l’on touche ; mais cette condensation (c’est le seul mot dont nous puissions nous servir pour rendre notre pensée, quoique l’expression ne soit pas parfaitement exacte), cette condensation, disons-nous, ou mieux cette solidification de la matière éthérée, n’étant pas son état normal, n’est que temporaire ou accidentelle ; voilà pourquoi ces apparitions tangibles, à un moment donné, vous échappent comme une ombre. Ainsi, de même que nous voyons un corps se présenter à nous à l’état solide, liquide ou gazeux, selon son gré de condensation, de même la matière éthérée du périsprit peut se présenter à nous à l’état solide, vaporeux visible ou vaporeux invisible. Nous verrons tout à l’heure comment s’opère cette modification.

La main apparente tangible offre une résistance ; elle exerce une pression ; elle laisse des empreintes ; elle opère une traction sur les objets que nous tenons ; il y a donc en elle de la force. Or, ces faits, qui ne sont point des hypothèses, peuvent nous mettre sur la voie des manifestations physiques.

Remarquons d’abord que cette main obéit à une intelligence, puisqu’elle agit spontanément, qu’elle donne des signes non équivoques de volonté, et qu’elle obéit à la pensée ; elle appartient donc à un être complet qui ne nous montre que cette partie de lui-même, et ce qui le prouve, c’est qu’il fait impression avec des parties invisibles, que des dents ont laissé des empreintes sur la peau et ont fait éprouver de la douleur.

Parmi les différentes manifestations, une des plus intéressantes est sans contredit celle du jeu spontané des instruments de musique. Les pianos et les accordéons paraissent être, à cet effet, les instruments de prédilection. Ce phénomène s’explique tout naturellement par ce qui précède. La main qui a la force de saisir un objet peut bien avoir celle d’appuyer sur des touches et de les faire résonner ; d’ailleurs on a vu plusieurs fois les doigts de la main en actions et quand on ne voit pas la main, on voit les touches s’agiter et le soufflet s’ouvrir et se fermer. Ces touches ne peuvent être mues que par une main invisible, laquelle fait preuve d’intelligence en faisant entendre, non des sons incohérents, mais des airs parfaitement rythmés.

Puisque cette main peut nous enfoncer ses ongles dans la chair, nous pincer, nous arracher ce qui est à nos doigts ; puisque nous la voyons saisir et emporter un objet comme nous le ferions nous-mêmes, elle peut tout aussi bien frapper des coups, soulever et renverser une table, agiter une sonnette, tirer des rideaux, voire même donner un soufflet occulte.

On demandera sans doute comment cette main peut avoir la même force à l’état vaporeux invisible qu’à l’état tangible. Et pourquoi non ? Voyons-nous l’air qui renverse les édifices, le gaz qui lance un projectile, l’électricité qui transmet des signaux, le fluide de l’aimant qui soulève des masses ? Pourquoi la matière éthérée du périsprit serait-elle moins puissante ? Mais n’allons pas vouloir la soumettre à nos expériences de laboratoire et à nos formules algébriques ; n’allons pas surtout, parce que nous avons pris des gaz pour terme de comparaison, lui supposer des propriétés identiques et supputer ses forces comme nous calculons celle de la vapeur. Jusqu’à présent elle échappe à tous nos instruments ; c’est un nouvel ordre d’idées qui n’est pas du ressort des sciences exactes ; voilà pourquoi ces sciences ne donnent pas d’aptitude spéciale pour les apprécier.

Nous ne donnons cette théorie du mouvement des corps solides sous l’influence des Esprits que pour montrer la question sous toutes ses faces et prouver que, sans trop sortir des idées reçues, on peut se rendre compte de l’action des Esprits sur la matière inerte ; mais il en est une autre, d’une haute portée philosophique, donnée par les Esprits eux-mêmes, et qui jette sur cette question un jour entièrement nouveau ; on la comprendra mieux après avoir lu celle-ci ; il est utile d’ailleurs de connaître tous les systèmes afin de pouvoir comparer.

Reste donc maintenant à expliquer comment s’opère cette modification de substance éthérée du périsprit ; par quel procédé l’Esprit opère, et, comme conséquence, le rôle des médiums à influence physique dans la production de ces phénomènes ; ce qui se passe en eux dans cette circonstance, la cause et la nature de leur faculté, etc. C’est ce que nous ferons dans un prochain article.

Chronique d’un centre spirite

Dans cette conférence au Cesak à Paris, l’auteur de Chronique d’un Centre Spirite partage un peu de son expérience du travail médiumnique. Emanuel Cristiano nous invite à nous renforcer moralement : être persévérants et « veiller et prier ».